Le Conseil égyptien des affaires étrangères
Cet article a été traduit par Yasmin Ismail
Révisé par Omaima Ahmed
L’Égypte a toujours adopté une politique étrangère visant à interagir avec sa région et avec le monde. Au cours des sept dernières décennies, les cercles d’action de la politique étrangère égyptienne se sont élargis et approfondis, jouant un certain nombre de rôles dans les questions régionales et internationales.
L’environnement international a connu de profonds changements dans la nature du système régional et international ainsi que dans les rapports de force. Cela a coïncidé avec la transformation du système économique international, les dimensions de la révolution de l’information et de la communication, ainsi que l’émergence du facteur culturel dans les relations internationales.
Tout cela a pesé sur la politique étrangère, lui imposant une charge accrue en matière de sensibilisation, d’analyse et de pratique, afin de créer un environnement régional et international permettant de fournir les conditions nécessaires à la reconstruction interne et d’accélérer la reprise économique et sociale.
Il est devenu nécessaire de mettre en place une plateforme égyptienne représentant la compréhension de la société civile égyptienne de ces changements, et apportant son expertise dans la discussion de ses problématiques, ainsi que dans l’approfondissement de la sensibilisation du public. Sur cette base, les réflexions d’un groupe d’élite intéressé par la politique étrangère ont convergé vers ces objectifs, donnant naissance à l’idée de créer le Conseil en 1999.
Message du Conseil
La mission du Conseil égyptien des affaires étrangères est d’être une plateforme libre et neutre visant à promouvoir une compréhension approfondie et objective de toutes les questions extérieures aux niveaux régional et international, afin de servir les intérêts stratégiques, économiques et politiques de l’Égypte.
Le Conseil s’appuie sur les idées et les expériences de ses membres, issus de diverses spécialités et dotés d’expériences variées, ainsi que sur la communication avec le public, en l’invitant à participer aux discussions. Il fait également appel à des personnalités publiques et à des experts spécialisés, égyptiens et étrangers, afin d’enrichir le débat et d’atteindre les objectifs souhaités.
Les objectifs du Conseil
Le Conseil égyptien des affaires étrangères, sur la base de sa vision et de sa mission, vise à :
1- Enrichir et approfondir le débat public en Égypte sur les questions extérieures et les problématiques associées, notamment les évolutions récentes, tout en mettant en lumière leur lien avec les intérêts de l’Égypte et sa sécurité nationale.
Cet objectif se reflète dans les différentes activités du Conseil : conférences, colloques, tables rondes, rencontres générales de ses membres et groupes spécialisés. Il examine, par exemple, les crises au Moyen-Orient, le phénomène du terrorisme, l’avenir du processus de paix, ainsi que les relations de l’Égypte avec les puissances internationales telles que les États-Unis, l’Europe, la Russie, la Chine, l’Afrique et l’Amérique latine.
Généralement, ces rencontres se concluent par des documents de travail et des déclarations exprimant le point de vue du Conseil. Ces documents traitent également de sujets variés comme la crise syrienne, la situation en Libye et au Yémen.
Ils abordent aussi des questions d’importance particulière pour la sécurité nationale égyptienne, telles que la lutte contre le terrorisme, la question de l’eau et l’économie de l’énergie. Le Conseil accueille régulièrement des personnalités spécialisées afin d’analyser ces questions et d’échanger des points de vue.
2- Former une tribune libre pour soutenir la politique étrangère et la diplomatie.
Le Conseil cherche à offrir une tribune libre et neutre permettant à toutes les tendances politiques et intellectuelles en Égypte d’exprimer leurs visions et opinions sur les questions régionales et internationales, contribuant ainsi à soutenir la politique étrangère et la diplomatie égyptiennes, et à créer un espace de consensus national.
3- Établir des liens et des relations d’échange avec de nombreux centres de recherche et de réflexion politique et stratégique dans le monde.
Le Conseil organise des rencontres avec ces centres afin de mener des dialogues sur des questions d’intérêt commun et de proposer des idées sur les problématiques soulevées. Ces rencontres se tiennent généralement en alternance entre l’Égypte et les pays partenaires, de manière régulière chaque année.
Le nombre de partenaires du Conseil a atteint environ (32) institutions, y compris des centres égyptiens tels que : le Centre régional d’études stratégiques du Caire, le Centre Al-Ahram d’études politiques et stratégiques, le Conseil égyptien des affaires économiques et l’Agence égyptienne pour le partenariat et le développement.
Parmi les centres étrangers figurent : l’Institut du peuple chinois des relations internationales, l’Institut des relations internationales de Moscou, le Conseil russe des affaires étrangères, le Centre interdisciplinaire marocain d’études stratégiques et internationales, l’Institut indien des relations internationales, le Forum de la pensée arabe à Amman, l’Institut hongrois des affaires étrangères, le Conseil soudanais des affaires étrangères et l’Institut éthiopien des relations internationales et des études stratégiques.
4- Prendre en considération le lien entre la politique étrangère et le soutien de l’économie égyptienne.
Le Conseil cherche à relier la politique étrangère aux exigences du soutien de l’économie nationale, notamment en attirant les investissements étrangers et en ouvrant des marchés aux biens et services égyptiens, à travers des réunions avec des délégations en visite en Égypte et des responsables spécialisés dans les affaires économiques.
5- Atteindre l'opinion pulique.
Le Conseil cherche à atteindre l’opinion publique à travers des études et des articles publiés dans les journaux égyptiens par de nombreux membres, notamment des écrivains, des penseurs et d’anciens diplomates. Il bénéficie également d’une présence régulière dans la presse, les magazines et à la télévision, ainsi que de la participation à des colloques d’organisations de la société civile et au Salon international du livre du Caire.
Groupes de travail
- Groupe de travail sur le Soudan (Soudan du Sud) et l’Éthiopie
- Groupe de travail sur la lutte contre le terrorisme
- Groupe de travail d’experts en droit international
Comités permanents
- Comité permanent des affaires arabes
- Comité permanent des affaires nord-américaines
- Commission permanente des affaires de l’Amérique centrale, des Caraïbes et de l’Amérique du Sud
- Commission permanente des affaires européennes
- Commission permanente des affaires africaines
- Comité permanent des affaires asiatiques
- Commission permanente des ressources en eau et du changement climatique
- Comité permanent des Nations Unies et des organisations internationales
- Commission permanente des affaires sociales
- Commission permanente de la culture et du soft power
- Commission permanente des affaires économiques (commerce, transport, énergie et environnement)
- Comité permanent des affaires de l’immigration et des Égyptiens à l’étranger
Le Conseil diffuse ses activités à travers la publication d’un bulletin périodique (Newsletter), comprenant une présentation de ses activités, des résultats de ses travaux, ainsi que des rencontres et discussions menées au cours de la période concernée.
Il publie également des rapports sur les conférences organisées à l’étranger ainsi que sur les colloques tenus en Égypte, en plus de documents intitulés (Occasional Papers) portant sur diverses questions.
Un projet est en cours pour publier une revue en arabe et dans d’autres langues étrangères, reflétant l’activité égyptienne dans les affaires étrangères, et permettant aux auteurs étrangers de présenter leurs visions aux côtés des auteurs égyptiens sur les questions internationales et régionales.