Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP)

Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP)
Traduit par : Mariam Ahmed


‘‘ Vers la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance ’’


Le 9 mars 2003, soit il y a plus de vingt ans, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) a été créé lors du sommet des chefs d’État du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique, tenu à Abuja, au Nigéria. Aujourd’hui, après près de deux décennies, le mécanisme s’est élargi pour inclure toutes les régions du continent africain et compte 42 des 55 États membres de l’Union africaine au sein de sa communauté, le Burundi étant le dernier État à y adhérer.

Au cours de cette période, le mécanisme a mené des évaluations nationales dans 24 États membres, ainsi que cinq évaluations de deuxième génération et quatre évaluations ciblées dans trois États membres.

Les travaux du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs ont généré une riche base d’informations, fondée sur la participation active des différentes parties prenantes. Cette approche s’est révélée être une contribution africaine remarquable à la promotion et à l’institutionnalisation des principes de bonne gouvernance sur le continent, reposant sur un leadership participatif et une citoyenneté active.

Par ailleurs, la vague de changements anticonstitutionnels de gouvernement et de renversements politiques que connaît le continent africain a mis en évidence la nécessité permanente de renforcer la bonne gouvernance, fondée sur les principes du mécanisme. Ces principes concernent notamment la gouvernance politique, économique et sociale, ainsi que la participation démocratique, l’État de droit, le respect des droits de l’homme et le règlement pacifique des conflits.

La vision du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs, inscrite dans son plan stratégique pour la période 2020-2024, est la suivante : « Une Afrique bien gouvernée pour l’Afrique que nous voulons. »

La communauté du mécanisme œuvre à promouvoir cette vision et ses principes à travers les processus d’évaluation, fondés notamment sur la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance. Les programmes d’action nationaux synthétisent également les recommandations issues des évaluations menées par le mécanisme, en les alignant sur les cadres stratégiques et les plans nationaux de mise en œuvre à moyen terme.

Parallèlement aux activités du mécanisme, ces valeurs, principes et recommandations contribuent à renforcer les systèmes démocratiques et constitutionnels sur le continent. Cela nécessite un engagement, un soutien et des efforts continus de la part des quinze groupes et institutions de l’Union africaine aux niveaux local, national et continental.

La violence, les coups d’État et les conflits en Afrique trouvent sans aucun doute leurs racines dans les défaillances de gouvernance et s’en trouvent aggravés. Ils constituent ainsi une menace pour la construction d’une Afrique sûre, intégrée, avancée et prospère. Dès lors, le renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance dans le cadre du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs, à travers l’accent mis sur les causes profondes des conflits — conformément aux conclusions des rapports d’examen nationaux du mécanisme sur la gouvernance démocratique — représente une source importante de soutien à l’agenda de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi qu’au retour à la gouvernance et à l’État de droit.